J'ai longuement hésité à poster tout mon blah blah... Je me doute que ca n'interessera pas grand monde, m'enfin, si ca peut en convaincre ne serait-ce qu'un !
CitationNous cherchons donc un ensemble de notes, dont les fréquences relatives seront notées 1, a, b, c,..., n, 2.
Les intervalles successifs entre ces notes sont donc i1 = a/1, i2 = b/a, i3 = c/b,..., in = 2/n.
Avec tout le respect du monde hein, mais ce que j’en pense, c’est que c’est son problème, pas le mien…

Je préfère me dire que la construction d’une gamme est une affaire historique, d’arbitrages et de compromis, pas la résolution d’une équation.
Voilà donc comment je vois la chose.
Les intervalles ont progressivement été considérés comme consonants au fil de l’histoire. L’octave et l’unisson sont les deux intervalles les plus évidents. Pas besoin d’être musicien pour les entendre. Au moyen-âge, on utilise essentiellement des quintes, et leurs reversements (des quartes), les tierces à la renaissance, les septièmes à la période classique, les neuvièmes, onzièmes et autres intervalles barbares pendant la période romantique. Cette « découverte » progressive des intervalles a une justification physiologique :
http://pagesperso-orange.fr/wronecki/frederic/musique/physiol.htm .
Il n’y a à mon avis que deux remarques à faire : la première est que l’octave sonne « mieux » que la quinte, qui sonne « mieux » que la tierce, qui sonne « mieux » qui la septième… La seconde remarque, c’est qu’on peut calculer les fréquences théoriques des notes. En multipliant une fréquence par deux, je monte d’une octave. Par trois, je monte d’une quinte, etc…
Avec la seule quinte, on construit une gamme chromatique, et même plus !
Quintes, la gamme de Pythagore
Imaginons, dans un but de simplification, le do à 100 hertz. (En réalité, une corde qui vibre à 100 Hz ne produit pas un do, mais ça simplifie les calculs) Par quintes successives (en multipliant par 3), on peut déterminer des fréquences pour chaque note. A gauche, on monte d’une quinte, à droite, on descend d’une quinte à chaque fois :
Do : 100 H...................Do : 100 Hz
Sol : 150 Hz.................Fa : 133.33 Hz
Ré : 112.5Hz.................Si : b : 177.78 Hz
La : 168.75 Hz...............Mi b : 118.52 Hz
Mi : 126.56 Hz...............La b : 158.02 Hz
Si : 189.84 Hz...............Ré b : 105.35 Hz
Fa# : 142.38 Hz..............Sol b : 140.47 Hz
Do# : 106.79 Hz..............Do b : 187.29 Hz
Sol# : 160.18 Hz.............Fa b : 124.86 Hz
Ré# : 120.14 Hz..............La : 166.48 Hz
La# : 180.20 Hz..............Ré : 110.99 Hz
Mi # : 135.15 Hz.............Sol : 147.98 Hz
Do : 202.73 Hz...............Do : 98.65 Hz
Je suis d’accord, dans cette configuration, Do# est au-dessus de Ré b, et l’écart est d’un comma pythagoricien. MAIS, dans cette configuration, le Ré de gauche n’est pas le même que celui de droite par exemple (qui d’ailleurs n’est pas vraiment un ré), douze quintes ne correspondent pas à sept octaves… La conclusion, c’est que cette configuration ne convient pas pour jouer de la musique, tout simplement. D’autant plus que j’ai triché sur la colonne de droite pour ne pas traîner des bb où je ne sais quoi. Ceci dit, ce genre de gamme a été utilisé, moyennant des arbitrages sur les notes trop proches pour n’en garder que douze.
On peut aussi remarquer l’intervalle d’un comma entre le mi et la tierce du do. Autrement dit, dans ce système, les tierces sont fausses. Aïe !
Tierces, la gamme de Zarlin
Bon, on ne peut pas construire une gamme chromatique par tierces successives… Par contre, avec des tierces, on fait des accords ! La gamme de Zarlin se construit toujours grâce à l’harmonie. Le ton et le demi-ton sont des conséquences de cette construction, mais on ne la construit certainement pas selon le modèle de la gamme majeure (par tons et demi-tons successifs). Le but, c’est de construire une gamme avec des tierces proches de leurs valeurs théoriques.
En partant d’un accord de do : Do - Mi - Sol
Il faut ensuite trouver l’accord qui commence par la dernière note de l’accord de do, et celui qui se termine par la première note de l’accord de do… C’est pas clair là… Le but, c’est de trouver l’accord qui commence par un sol, et celui qui se termine par un do… C’est un peu mieux nan ? Bon, concrètement, l’accord qui commence par un sol, ben c’est le sol (sol - si - ré). L’accord qui se termine par un do, c’est l’accord de fa (fa - la - do)
Mis dans l’ordre :
Accord de Fa Accord de do Accord de sol
Fa - La - Do - Mi - Sol - Si - Ré
Pile poil les notes de la gamme majeure (Do ré mi fa sol la si)
On pourrait, comme pour la gamme de Pythagore, calculer des fréquences. Par exemple Do : 100 Hz - Mi : 125 Hz - Sol : 150 Hz - Si : 187.5 - Ré : 112.5
Mais alors, l’intervalle do-ré n’est pas le même que l’intervalle ré-mi… Vous me direz, 112.5, c’est entre 100 et 125, juste au milieu… Mais un intervalle n’est pas une soustraction de fréquences, c’est un rapport !!!!
125/112.5 = 1.11
150/125 = 1.2
C’est plutôt embêtant si on veut jouer sur une gamme majeure… L’écart entre ces deux tons, c’est le comma Zarlinien. La conclusion est tout aussi simple que pour la gamme de Pythagore : elle ne convient pas ! Ce système était utilisé, mais ne l’est plus. On peut nous inventer tous les tons majeurs et tons mineurs du monde, les demi-tons chromatiques et demi-tons diatoniques, ou que sais-je, on ne peut pas transposer puisque les tons ne sont pas égaux.
Et les septièmes sont fausses. Aïe !
Et après...
Et après ? Ben les maths se fâchent avec l’oreille… On peut encore chercher d’autres systèmes, par exemple en ajoutant les septièmes, et en recalculant des fréquences… Par septièmes successives, on ne fait pas grand-chose, en mélangeant toutes ces gammes, on arrive à des aberrations, des intervalles faux, des erreurs dans la transposition. Aucun système n’est mathématiquement parfait.
Néanmoins, je suis d’une bande d’irréductibles qui pense que de toute façon, des intervalles seront faux, et que de toute façon, ça fait cinq siècles qu’on joue de la musique avec douze notes et que de toute façon avec ces systèmes, on se traîne des double dièses, des doubles bémols et des quintes du loup. Trop de musicologie, pas assez de musique.
Du coup, on coupe l’octave en douze, et qu’on n’en parle plus. L’oreille s’en accommode très bien. Certes, c’est une régression de plusieurs siècles, parce que les tierces sont terriblement fausses, beaucoup plus que dans la gamme de Pythagore. Mais à l’heure des chromatismes et des changements de tonalité, des Wagner et des Chopin, au diable les calculs, on préfère la fougue et la tourmente à la rigueur et l’ordre d’un Bach ou d’un Mozart.
En coupant l’octave en 12, plus de problèmes, do# = réb et si# = do. Strictement. Les armures, sont des commodités : c’est pratique et ça soulage. Les commas tempérés, je ne sais même pas ce que c’est. Je suppose que c’est une valeur approchée du comma zarlinien. Une petite touche d’élitisme un peu conservateur… Je suppose…
Voilà pourquoi, selon moi, le comma et le mi# n’existent pas…